Séduire pour être choisie, puis se perdre quand on l'est
Au début, vous êtes drôle, légère, sûre de vous. Vous plaisez et vous le savez.
Puis, quand il est enfin à vous, quelque chose bascule. Vous surveillez son téléphone, vous guettez ses réponses, vous riez moins. Vous qui disiez ne jamais être jalouse, vous ne vous reconnaissez plus.
Derrière ce changement, il y a très souvent la peur d'être quittée, et parfois une dépendance affective que l'on n'avait jamais vue venir. Si cela vous parle, cette histoire est peut-être la vôtre.
L'histoire de Camille : séduire, puis se perdre en couple
Camille a 29 ans. Elle arrive en consultation en disant : « Je ne comprends pas ce qui m'arrive avec les hommes. »
Elle raconte une vie sentimentale faite de nombreuses conquêtes. Elle aime le début : le regard, les messages, le jeu. Elle sait séduire, elle sait quand il faut se rapprocher, quand il faut se faire désirer. Mais ses histoires ne durent pas, et dès qu'elle se met en couple, elle ne se reconnaît plus. Elle devient jalouse, parfois à l'excès. Elle perd son humour, sa spontanéité. Elle a besoin d'être rassurée tout le temps, d'être aimée « quoi qu'il arrive ». Sans le savoir, elle est entrée dans une forme de dépendance affective.
Elle me parle d'un homme en particulier. Il avait un métier qui l'obligeait à beaucoup bouger, sans lendemain garanti. Camille lui disait vouloir qu'il n'y ait personne d'autre dans sa vie. Dans la même conversation, elle lui disait qu'elle ne voulait pas s'engager, « parce qu'avec ta vie, tu pourrais partir demain, et je me retrouverais sans rien ».
Il a fini par parler à d'autres filles, sans aller plus loin. Camille l'a très mal vécu, alors même qu'elle lui avait répété qu'ils n'étaient pas en couple. Sa colère est restée des mois. Elle ne voulait plus lui parler, plus rien savoir de lui.
Peu de temps après, elle s'est mise en couple avec un autre homme. Un garçon gentil, attentionné, présent. Elle ne l'aimait pas vraiment, mais elle s'est persuadée que c'était lui le bon. « Je me disais que l'amour viendrait avec le temps. »
Pourquoi la peur d'être quittée rend jalouse et dépendante
À première vue, Camille semble contradictoire : elle veut l'exclusivité sans l'engagement, elle est en colère contre un homme qu'elle disait ne pas vouloir, elle choisit un homme qu'elle n'aime pas.
Mais il y a une logique, et elle est très cohérente avec ce que ressent Camille.
La conquête, une façon de se rassurer. Séduire, c'est obtenir la preuve qu'on est désirée, choisie. Tant que l'autre n'est pas encore acquis, tout va bien : on est dans l'action, on contrôle. Mais une fois que l'homme est là, la peur change de côté. Il faut maintenant le garder, et c'est là que la peur de l'abandon s'installe, avec la jalousie et la dépendance affective.
Vouloir la sécurité sans prendre le risque. Demander l'exclusivité tout en refusant de s'engager, c'est vouloir être sûre de ne pas être quittée, sans s'exposer soi-même à l'être. Camille protégeait son cœur en refusant de s'engager, mais elle voulait quand même que lui reste fidèle. Ce n'est pas de la mauvaise foi, c'est une peur qui cherche une issue.
La colère, un rejet vécu. Quand il parle à d'autres filles, ce que Camille entend, ce n'est pas « il discute avec des amies ». Elle entend : « tu n'étais pas la seule, tu n'étais pas assez ». La colère qui dure des mois protège d'une douleur plus profonde, celle de ne pas avoir été choisie.
L'homme « sûr », un refuge. Avec le garçon gentil et attentionné, Camille n'a pas choisi l'amour, elle a choisi la tranquillité. Un homme qui ne partira pas, qui ne la fera pas souffrir. Elle a voulu se persuader de l'aimer, parce qu'aimer vraiment, c'est risquer de perdre.
Le moment où la prise de conscience arrive
Quelques mois plus tard, Camille me dit, un peu gênée : « Avec lui, je m'ennuie. Il est parfait, et je m'ennuie. »
Je lui demande à quel moment elle s'est sentie le plus vivante, dans sa vie amoureuse. Elle réfléchit longuement et répond : « Quand je ne savais pas s'il allait rester. »
Elle s'arrête. Puis elle ajoute, doucement : « Je crois que je n'ai pas choisi Julien parce que je l'aimais. Je l'ai choisi pour ne plus avoir peur. »
C'est la première fois que Camille voit le fil qui relie tout : la conquête, la jalousie, les messages contradictoires, la colère, et ce choix par sécurité. Ce n'est pas qu'elle ne sait pas aimer. C'est qu'elle a appris que l'amour est un endroit où l'on risque d'être laissée, et qu'elle a cherché, chaque fois, la manière de ne pas être celle qu'on laisse.
À partir de là, le travail a changé. Il ne s'agissait plus de trouver « le bon » ou de se juger trop jalouse. Il s'agissait d'apprendre à rester dans une relation sans se perdre, à supporter l'incertitude sans chercher à tout contrôler, et à se sentir assez solide pour être choisie, ou pas, sans que cela ne dise qui l'on est.
Et vous ? Se faire accompagner à Cannes ou Fréjus
Si vous vous reconnaissez, vous n'êtes pas « compliquée » ni « trop » quoi que ce soit. Vous avez appris à vous protéger de la peur de l'abandon, et ces stratégies ont leur logique.
Un accompagnement peut aider à comprendre d'où viennent cette peur d'être quittée et cette dépendance affective, et à construire des relations où l'on n'a plus besoin de séduire pour exister, ni de se perdre pour rester.
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